Rappel du Sommaire du N°23 (cliquez sur les liens pour accès direct à un article)

* La météorologie dans la haute atmosphère - Prince de Monaco
* Les concours d'été
* Cerf-volant celulaire central - G. Houard
* Comment on apprend à voler
* Les ascensions montées - G. Houard
* La traction aérienne - José M de Guillen
* Mesure de l'angle - R. Roussel
* La photographie aérienne : dispositif pratique - Jean Aury
* Lettre d'Espagne : Concours de cerfs-volants - José M. de Guilen
* Comment on construit un cerf-volant Saconney - M. Roy
* Le Club des planeurs liégeois - W. Jamard
* Bulletin officiel de la Ligue Française du Cerf-Volant. Concours de Douai

 

3° ANNÉE
N°23
JUIN 1911
LE CERF-VOLANT
Les Aéroplanes en Réduction
ET
La Photographie Aérienne
Rédacteur en chef : G. HOUARD
Adresser toute la correspondance à M. l'Administrateur du Cerf-Volant, 40, ue de Seine, Paris.
 
La Météorologie
DANS LA HAUTE ATMOSPHÈRE(1)
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 La météorologie est une science moins avancée que beaucoup d'autres pour deux causes principales : d'abord elle n'est que depuis une époque récente l'objet d'études sérieuses, ensuite la subtilité et la complexité des phénomènes météorologiques donnent aux lois qui les régissent des caractères difficilement saisissables. Mais, devant les résultats obtenus déjà, on peut voir combien il devient important, au point de vue du progrès général de la Science et pour ses applications aux intérêts matériels de certaines industries, que la météorologie se développe largement.
  La météorologie débuta modestement par des observations sommaires et incertaines, au moyen d'instruments imparfaits, et ce fut seulement lorsque ceux-ci, devenus plus sensibles et plus précis, éclaircirent un peu les mystères du domaine aérien, que de véritables obser-vatoires méléorologiiques parurent. D'autres progrès firent bientôt sentir le besoin de porter les recherches, à des altitudes plus hautes, et l'on créa des observatoires sur les montagnes; presque aussitôt les aérostats furent utilisés accidentellement dans le même but. Enfin, depuis quelques années, les perfec-tionnements apportés dans l'industrie de l'acier ont permis de lancer très haut des cerfs-volants porteurs d'instruments enregis-treurs, et tenus par un fil aussi léger que solide.
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(1) La Revue hebdomadaire (1907)
 
 Les premiers expérimentateurs de cerfs-volants sont des météorologistes américains guidés par M. Eddy en 1891, et par M. Rotche en 1894 leurs appareils atteignirent environ 400 mètres d'abord, 4.000 mètres ensuite. Les Français Hermite et Besançon lancèrent en 1892 les premiers ballons-sondes, appareils beaucoup plus indépendants qui, sur les continents, montèrent bientôt jusqu'à 20.000 mètres.

  Aujourd'hui l'esprit scientifique des Allemands soutenu par la libéralité de l'empereur Guillaume a déterminé la création à Lindenberg, en Prusse, d'un magnifique établis-sement, où les recherches météorologiques dans la haute atmosphère se poursuivent régulière-ment avec les deux systèmes. Mais il restait à explorer la haute atmosphère au-dessus des océans, un domaine météorologique bien plus vaste et plus important à connaître que celui qui correspond aux continents; c'est le professeur Hergesell, de Strasbourg, qui vint, en 1904, m'entretenir de la question.

  La même année, grâce à un mécanisme que je fis adapter sur mon navire la Princesse Alice, à la machine de sondage, il me fut possible de lancer des cerfs-volants jusqu à la hauteur de 4.500 mètres dans la région des vents alizés de l'hémisphère Nord. Ces expériences eurent lieu au mois de juillet entre les latitudes du Portugal et des îles Canaries, ainsi que dans cet archipel.


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LE CERF-VOLANT
     
  Pour envoyer à une très grande hauteur le cerf-volant chargé d'un instrument construit en aluminium et comprenant un baromètre, un thermomètre et un hygromètre sous un poids de 600 grammes, il faut échelonner le long du fil, à des intervalles qui varient de 500 mètres à 1.500 mètres, un certain nombre de cerfs-volants. Chacun de ceux-ci coopérant à l'effort de celui qui le précède, lui rend un peu de sa force ascensionnelle au moment où le poids du fil qu'il entraîne l'immobiliserait au niveau atteint. De relai en relai on peut faire monter ainsi le cerf-volant porteur d'instrument jusqu'à une grande hauteur pourvu que des zones de calme ne se rencontrent pas dans l'atmo-sphère ou que, si elles existent, le navire possède une marche suffisante pour entraîner les cerfs-volants avec une vitesse minimum de 7 mètres par seconde.
  En théorie, si on augmentait progressivement la dimension des cerfs-volants et le diamètre du fil, on pourrait ainsi gagner des hauteurs limitées seulement par la raréfaction de l'air; mais, en pratique, il ne semble pas que les difficultés du lancement d'un cerf-volant, à bord, jointes à la complication résultant du fait que les courants supérieurs marchent simultanément dans les directions les plus diverses suivant les niveaux, permettent de dépasser les hauteurs de 6.000 ou 7.000 mètres Lors d'une expérience récente faite à Lindenberg et dans laquelle le cerf-volant porteur d'instruments parvint à 6.000 mètres on dut filer 17.010 mètres de fil, et la résis-tance atteignit 85 kilogrammes.
  Un lancer de cerfs-volants à bord s'exécute de la façon suivante pour les cerfs-volants du type Hargrave. Après avoir constaté que la ligne en patte d'oie, longue de 50 mètres, qui rattache le cerf-volant au fil d'acier, exerce sur les deux côtés de l'appareil une traction normale bien équilibrée, et lorsque la vitesse du vent, augmentée, s'il est nécessaire, d'une certaine vitesse du navire, atteint au moins 7 mètres, on hisse un cerf-volant porteur de l'instrument au moyen d'une drisse fixée en tête du mât le plus à l'arrière du navire; ensuite on le laisse peu à peu s'élever et gagner une hauteur où cessent les tourbillons dangereux causés par le navire. Quand l'objet plane tranquillement au bout de sa ligne tenue jusque-là à la main par plusieurs hommes fortement gantés, on ramène la drisse sur le pont, et la ligne du cerf-volant bien parti est reliée au fil d'acier qui peut, désormais, être déroulé du treuil à vapeur sur lequel il est établi. La même manoeuvre se reproduit pour chaque nouveau cerf-volant ajouté au système.
  Une girouette métallique par où le fil quitte le navire porte un dynamomètre indicateur de la tension que ce, fil subit et faisant aussi
 
fonction d'amortisseur des secousses imprimées par le tangage du navire ou par des rafales.
  Les cerfs-volants du type Hargrave fonc-tionnent très bien, et le fil d'acier que j'emploie présente une résistance de 925 kilo-grammes pour les premiers 2.000 mètres. Il se relie ensuite avec un fil dont le diamètre et la résistance sont supérieurs. C'est le principe que j'applique aux câbles de dragage et de sondage, afin de leur enlever un poids inutile dans les parties supérieures; il est indispensable, dans les ascensions de cerfs-volants, pour atteindre une grande hauteur en allégeant les parties inférieures du fil.
  Un observateur placé près de la girouette conduit toute l'opération au moyen d'un timbre électrique correspondant avec le mécanicien du treuil; il prend régulièrement avec un sextant la hauteur du cerf-volant porteur d'ins-truments; afin de connaître sa position par rapport au navire et de fixer à peu près les influences successives qu'il subit par les courants supérieurs.
  Le lancement d'un cerf-volant, sur un navire, est toujours une chose délicate et qui exige de l'expérience, par suite des tourbillons formés dans le sillage aérien et dont ceux que l'on voit dans le sillage aquatique sont une image. Souvent même, lorsque l'appareil, enlevé plus haut que le sommet du grand mât, semble hors de danger, il peut encore être pris par un de ces redoutables tourbillons et être précipité sur la mer. En temps d'orage, cette catastrophe le menace même à une altitude de plusieurs cents mètres.
  Lorsque le vent est assez fort, et si la patte d'oie, qui a pour objet de maintenir horizontale la face du cerf-volant sur laquelle il agit n'est pas très exactement équilibrée, le cerf-volant exécute aussitôt des mouvements en lacet et, malgré la force de la ligne, parvient souvent à briser celle-ci.
  Quand les cerfs-volants sont parvenus à la plus grande hauteur permise par les circons-tances, on arrête le déroulement du fil et, soit en augmentant la marche du navire, soit en rentrant le fil avec toute la vitesse possible, on gagne encore quelque chose pour cette hauteur.
  La reprise des cerfs-volants, quoique assez délicate, présente, néanmoins, plus de faci-lités que leur départ; comme pour le lancer, on emploie une drisse de pavillon qui, dès que l'on peut saisir la ligne à patte d'oie, est coulée le long de celle-ci et monte rapidement étrangler les mouvements de l'appareil.
  Mais, hélas! les plus grands soins ne nous ont pas évité certains accidents tels, qu'une fois; dans l'archipel des Canaries, la rupture d'un fil auquel cinq cerfs-volants se ratta-

 
LE CERF-VOLANT
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chaient, et déroulé sur 6.000 mètres de longueur. Dans un cas semblable, le système entier tombe jusqu'à ce que le cerf-volant inférieur touche la mer; alors celui-ci faisant une résistance, les autres remontent, prennent dans l'atmosphère un équilibre en rapport avec la force des vents et suivent une direction qui devient la résultante des impulsions subies par chacun d'eux au niveau qu'il occupe.
  La vitesse de cette marche a presque toujours été trop grande pour que mon navire pût rattraper les fuyards; et ceux-ci ont certainernent voyagé de la sorte aussi longtemps et aussi loin que le vent a duré. On peut se figurer l'étonnement produit sur l'équipage d'un bateau auquel, en plein océan, le fil ainsi abandonné, semblant suspendu à un point invisible de l'espace viendrait s'accrocher.
  Il est intéressant de noter que les courbes fournies par nos instruments enregistreurs peuvent supporter sans inconvénient une immersion prolongée, si un accident survient à leur véhicule; voici comment. Le tracé de la plume est un sillon que celle-ci ouvre dans une couche de noir de fumée déposée sur le cylindre par la flamme d'une lampe à pétrole. En cas d'immersion, les particules charbonneuses disparaissent, mais une couche excessivement mince de matières grasses que la fumée avait entraînées et laissées sur le cylindre, reste et conserve une marque légère du passage de la plume, reconnaissable avec une forte loupe.
  Ce cas s'est présenté notamment lors de mes premiers essais dans la Méditerranée en 1904: un instrument perdu au nord de la Corse fut retrouvé sur la côte de Provence quinze jours plus tard. Les courbes, très visibles encore, furent utilisées comme les autres dans le laboratoire du professeur Hergesell.

  Une opération de cerfs-volants poussée jusqu'à 3.000 mètres ou 4.000 mètres, durait presque toute la journée et le navire, qui devait marcher parfois à une grande vitesse pour faire franchir aux cerfs-volants une zone où le vent faiblissait, avait parcouru 40 50 ou 60 milles.
  J'ai employé ces appareils surtout pour la recherche du contre-alizé de l'hémisphère Nord, et voici les résultats obtenus :

nos cerfs-volants envoyés jusqu'à l'altitude de 4500 mètres n'ont pas fourni à M. Hergesell une indication qui lui permît de reconnaître l'existence du contre-alizé, aux espaces visités, bien que des observateurs aient plusieurs fois déjà cru pouvoir la signaler d'après la direction suivie par les nuages élevés. Quant à la constatation faite notamment par Humboldt, d'un vent de sud-ouest au sommet du pic de Tenerife, elle s'explique autrement. 
  Si l'on observe comme je l'ai fait en 1904 ce qui a lieu parmi les îles Canaries pendant la pleine saison des vents alizés, on voit que,
 

parfois, la région de la mer qui se trouve au sud des îles les plus hautes et jusqu'à 20 ou 30 milles de leur rivage est balayée par un vent du sud-ouest assez fort.
D'après M. Hergesel ce vent naïtrait de l'in-fluence suivante, purement locale. La surface méridionale de ces ïles, presque sans végétation, exposée aux rayons d'un soleil ardent, et abritée du vent alizé, produirait une dilatation de l'atmosphére voisine qui s'élèverait le long des pentes pour déborder au sommet en refoulant quelque peu l'alizé. Humboldt et d'autres avaient éprouvé par ce fait l'illusion du contre-alizé.
  Après mes expériences de 1904, MM. Teisserenc de Bort et Rotch les ont reprises avec plus d'attention et rapportent qu'ils ont trouvé le contre-alizé plus au sud.
  Il n'entrerait d'ailleurs dans la pensée de personne de prétendre que le contre-alizé n'existe pas; les masses d'air entraînées aux régions tropicales par les vents alizés des deux hémisphères doivent regagner les espaces abandonnés, par une voie ou par une autre.
                          PRINCE DE MONACO.

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Les concours d'été

 Le Club d'Aviation de Valenciennes organise un important concours de cerfs-volants.
  Des pourparlers sont engagés avec la Ligue Française du Cerf-Volant, pour la règlemen-tation et la participation de cette association à cette intéressante épreuve.

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 L'Aviator-Club Lillois vient de prendre l'initiative d'un concours de cerfs-volants, dont l'importance égalera celui de Valenciennes. Nous croyons savoir que son affiliation à la Ligue Franqaise du Cerf-Volant est imminente.

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 La société, dont nous avons eu à plusieurs reprises l'occasion de parler, Le Nord-Aviation vient de créer une section de cerfs-volants. Cette fondation ne date que de quelques jours seulement et malgré sa grande jeunesse, la-dite section organise un concours de photographie aérienne. Les règlements sont insérés in-extenso dans les colonnes de notre confrère Dunherque-Sports (5 juillet 1911).

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 L'Union sportive Audomaroise projette l'orga-nisation d'un nouveau concours. On se souvient du succès remporté l'an dernier par une épreuve


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LE CERF-VOLANT
     

de ce genre, dans laquelle, notre ami et collaborateur R. Donzella réussit à sortir vainqueur, avec un cerf-volant monocellulaire à transformations.
  Une société de cerfs-volants devait se former à Saint-Omer, mais les cerfs-volantistes audomarois semblent ne pas avoir accueilli cette idée avec enthousiasme, car nous n'en entendons plus parler.

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 La municipalité de Douai a l'intention de se charger de l'organisation d'un concours de cerfs-volants doté de prix importants. Le succès semble certain par suite de la présence, dans le Nord, de nombreux cerfs-volantistes.

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 La Liga Espanola de la Cometa, organisera incessamment un concours de cerfs-volants sous le haut patronnage de la R.S.A.E. Son président M. José Ma de Guillen, dont nos lecteurs ont pu apprécier les remarquables articles nous en adressera sous peu les règlements.

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 La Section de cerfs-volants du Club Aéros-tatique de Dunkerque nous informe qu'elle prépare l'organisation d'une vaste épreuve qui se disputera pendant le mois d'aoüt et de septembre.

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 Une excellente idée ! - La Ligue Française du Cerf-Volant étudie actuellement les réglements d'un concours de photographie aérienne que pourront se disputer tous les cerfs-volan-tistes du monde entier, à condition toutefois qu'ils fassent partie de la L. F. C. V. - Voilà une remarquable initiative, qui permettra aux amateurs de photographie de passer agréablement leurs vacances.

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 Mystère ?
  Nous avons annoncé dans notre précédent numéro l'organisation d'une très grande épreuve de cerfs-volants dont l'initiative en avait été prise par notre aimable confrère L'Auto. - Le grand quotidien sportif semble reculer devant les difficultés nombreuses, qui surgissent dans l'élaboration des règlements.
  L'Auto organisera-t-il sa Coupe Gordon-Bennett ou bien manquera-t-il l'occasion superbe de montrer que le cerf-volant est véritablement un sport ?
  Cette dernière décision serait regrettée de tous les cerfs-volantistes, aussi l'Auto la rejettera et nous annoncera un beau matin, l'organisation pour le mois de septembre d'une belle épreuve qui nous rappellera les concours de 1900.

 

  La Ligue Française du Cerf-Volant organisera-t-elle en septembre son concours annuel?
  Au cas où l'Auto renoncerait à sa Coupe Gordon-Bennett elle donnerait à son épreuve d'automne une importance assez considérable.

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Cerf-volant cellulaire
à
Montage central

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 Si le cellulaire est incontestablement le cerf-volant le plus stable et le plus sûr, il n'en est pas moins évident que sa rigidité

 
fig.1. - Voilure cellulaire. Les lettres indiquent l'emplacement des rivets. Pour éviter le déchirement de la toile une large tresse de 3 à 4 centimètres est cousue sur les arêtes de chaque cellule


   
Fig. 2.- La toile étant fixée sur les montants; on obtient l'écartement du corps cellulaire par l'emploi d'une paire de croisillons en bambous. Ceux-ci sont fixés après les montants à l'aide de boulons.

nécessite une charpente lourde et relativement compliquée.


 
LE CERF-VOLANT
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 Pour remédier à cet inconvénient, M. Papin Graef, a imaginé un dispositif de montage très ingénieux qui mérite d'être signalé à nos lecteurs.
           
Fig 3. - Boulon ou plus exactement tige filetée servant à la réunion des croisillons après les montants.
      
FIG. 4. - Pour obtenir la rigidité nécessaire au bon fonctionnement de l'appareil, une patte d'oie en cordelette est fixée sur les arêtes de chaque cellule. Une poulie P (fig. 5) est placée sur cette patte d'oie; elle est elle-même traversée par une ficelle qui est reliée, d'une part a un cabillot g et d'autre part à une double, cosse ou serre-fil. La rigidité de l'ensemble s'obtient par (a tension de cette dernière cordelette.

  L'appareil se compose d'un corps cellulaire Hargrave muni d'ailes longues.
       
FIG. 5. - Position de la poulie (isolateur d'os employé en électricité) sur la patte d'oie
 
 La toile est fixée sur les bambous à l'aide de rivets et le montage de la partie cellulaire s'obtient par l'emploi d'une paire de croisil-lons en bambous, maintenue après les montants par un boulon et un écrou.
            
Fig 6. - Double-cosse ou tendeur serre-fil. Petite Pièce de bois ou de hêtre.

FIG. 7. - Pour tendre la cordelette de rigidité, on passe celle-ci tout d'abord dans la poulie. L'une de ses extrémités se fixe dans la rainure qui entoure la double-cosse, tandis que l'autre, passant dans les deux trous percés au milieu du serre-fil, se termine par une boucle, venant s'attacher après un cabillot.

       
Fig 8. - Lorsque les cerfs-volants atteignent une surface assez grande, il est nécessaire de fixer des tendeurs sur les faces latérales et verticales de l'appareil.

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LE CERF-VOLANT
     
Mieux que toute description, les figures
 
FIG. 9. - Pour assurer la constante tension de ces tendeurs, on place sur ceux-ci des doubles cosses. - La figure 9 montre la position de celle-ci.
      
FIG. 10. - Les ailes sont entourées d'un large ruban dans lequel on passe une cordelette, qui est cousue après le tissu. Les extrémités de cette corde sont terminées par une boucle, qui est attachée aux cabillots fixes sur les montants.

 
Fig 11. - La tension des ailes est obtenue par une vergue en bambou. La clarté de la figure nous dispense d'insister sur sa confection
 

indiqueront plus clairement aux lecteurs les détails de construction.
  
FIG. 12. - L'attache est à 2 brins qui se fixent en dessous de la cellule supérieure. La longueur de la bride atteint 3 mètres environ.

L'appareil qui est très léger s'enlève facilement et réalise de beaux vols.

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Comment on apprend à voler

LE PILOTAGE D'UN PLANEUR

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I

Méthode du treuil (Nord-Aviation)
.

 1. - Avant le vol. - Le pilote doit avoir des bottines sans talons et des genouillières. Une fois bien fixé dans les bretelles, il se lève, soulevant le planeur face au vent (vent de moins de 3 à 4 mètres). Les aides qui ont porté l'appareil s'éloignent. Il reste seulement à proximité le signaleur avec un drapeau. Dès que le pilote sent le vent régulier et doux, il crie : "Attention" et le signaleur agite quelques instants son drapeau en l'air.
  Quand le pilote est tout à fait prêt, il crie "Partez" le signaleur abaisse le drapeau jusqu'à terre et le départ a lieu.
  Si quelque chose s'oppose au départ, le pilote, en se mettant à genoux, montre à l'homme du treuil qu'il ne faut pas tirer, tandis que le signaleur vient se placer devant le pla¬neur les bras en croix.
  Avant l'essor le pilote se tient debout, les mains serrées autour du bambou inférieur du cadre central antérieur et se repousse dans la glissière le plus en arrière possible
 
  2. - L'Essor. - Le pilote ne donne l'ordre "Partez" que lorsque le planeur est bien en place et sans coup de vent.


 
LE CERF-VOLANT
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 « Partez » Le pilote court franchement et avant même que la corde ne le tire. La course sous la traction de la corde devient très rapide. Le pilote se poussant le plus possible vers l'arrière, cabre l'appareil jusqu'à sentir l'enlèvement.
  Dans l'apprentissage, il y a un instant critique. Le pilote, encore à terre en courant sent ses pieds qui ne touchent presque plus le sol. Si, alors, un vent latéral survient, le pilote peut dériver et casser une aile sur le sol. C'est pour cela qu'il faut se placer face au vent, si faible soit-il. En prenant franche-ment et rapidement le départ ou diminue cet instant critique.

  3. - Le vol. - Le pilote débutant doit se
 
 S'il penche à gauche, porter les pieds à droite.
  Ne pas attendre qu'un défaut se prononce pour le corriger. I1 faut corriger de suite. Les bons pilotes font les rectifications avant même qu'elles soient nécessaires. Ils sentent venir les défauts.
  Quand quelque chose ne va pas il faut arrêter. Il vaut mieux arrêter que de prolonger un mauvais vol et risquer de casser.
  Dès que le pilote a quitté le sol, il doit commencer à déplacer les jambes pour l' équili-brage. Le mouvement de la glissière sert à augmenter l'effet des pieds; mais il faut se servir de la glissière avec modération les jambes jouant le rôle principal.
  Un défaut naturel aux débutants, est de


Lancement du train de cerfs-volants de l'Aérophile Creusotin
 
pénétrer de cette idée fixe : « Aussitôt en l'air. je pousserai mes pieds en avant pour redescendre.»
  De cette façon il fera de petits bonds très utiles pour l'affranchir et lui apprendre à atterrir. Après trois ou quatre petits bonds le débutant peut essayer des vols de 50 à 150m, à condition de ne pas se laisser monter à plus de 3 ou 4 mètres. Ces vols bas sont très bons pour apprendre la conduite et les réactions du planeur.
  On se croit toujours plus haut que l'on est en réalité.
  Pour monter mettre les pieds en arrière.
  Pour descendre, mettre les pieds en avant.
  Si le planeur penche à droite, porter les pieds fort à gauche.
 
porter les pieds du côté où ils se sentent tomber pour se recevoir. C'est mal. En l'air il faut porter les pieds à l'opposé de l'inclination. On les remet vivement droits au moment précis de l'atterrissage. Après des essais répétés, on acquiert la pratique.

  Si un débutant montait soudain trop haut, il ne doit pas s'effrayer mais ramener les pieds en avant.
  Le treuil se ralentira en même temps, et le planeur descendra.

  A l'instant de l'atterrissage 1e pilote se repousse en arrière pour cabrer l'appareil et freiner ainsi sur l'air.
  De cette façon il se pose doucement a terre.

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LE CERF-VOLANT
     

Les Ascensions Montées

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Poursuivant ses expériences, l'Aérophile Creusotin a réalisé avec un succès complet des ascensions montées.
  Le 7 mai dernier, douze membres de la société s'élevèrent à l'aide du train Hargrave de M. .I. B. Ribble a des hauteurs diverses variant entre Î et 15 mètres. Le 21 mai, l'Aérophile Creusotin participait au meeting d'aviation de Chalons-sur-Saône, et favorisé par un bon vent du Nord parvenait à élever huit de ses sociétaires. Pour la pre¬mière fois, les expérimentateurs ont fait usage d'une nacelle. Les ascensionnistes sont tous membres de la société et l'un d'eux a réussi à s'élever à

   
Ascension de M. Boudot
au meeting de Chalons-sur-Saone

26 mètres. Il lui eût été parfaitement possible de monter à une hauteur plus grande, mais procédant méthodiquement, l'association a cru préférable de ne pas atteindre une altitude plus considérable. Le but que l'Aérophile Creu-sotin s'était assigné ce jour ne devait pas dépasser 25 mètres.
  Les photographies représentent le lancement du train et l'ascension de M. Boudot, toutes deux prises lors du meeting de Chalons.

 

MM. Robert et Pierre Houdart ont tenté de nouvelles ascensions montées le 21 mai dernier.
  La faiblesse du vent, a empêché les expéri-mentateurs de réitérer leurs remarquables
   

expériences des dimanches précédents. Ils ont pourtant réussi à soulever à plusieurs mètres de hauteur un jeune homme de 15 ans.
  Durant les essais, la stabilité a été absolu-ment parfaite.
                                 G. Houard

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La Traction Aérienne

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 J'ai été l'un des premiers cerfs-volantistes à pratiquer le nouveau sport, si attirant, qui consiste à faire remorquer un canot par un cerf-volant.
  Le premier concours de ce genre de sport, que nous appelons " Flying-boat " fut réalisé avec des moyens de fortune, l'année dernière. Mais à l'heure actuelle la manoeuvre du cerf-volant
           
s'est modifiée de telle façon que la conduite du canot se fait comme celle d'une automobile.


 
LE CERF-VOLANT
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 On fait usage d'un cerf-volant mixte bridé pour voler à une hauteur moyenne. I1 est relié au canot par trois brins NN'M, dont les deux premiers sont fixés de chaque côté du cerf-volant (1). Le troisième brin M est attaché au bas de l'appareil. Les brins NN' sont de même longueur invariable, mais le brin B peut s'allonger au moyen d'un palan, semblable au levier d'un changement de vitesse d'une automobile. Les brins NN' étant toujours de la même longueur, on fait varier l'incidence du cerf-volant par la manoeuvre du levier B et par ce moyen, on règle la vitesse du canot.
  Le volant A est relié au gouvernail et aux brins NN' qui par leur mouvement permettent de

            
Fig. 1. - A. Cerf-volant mixte. - B. Brides de vitesse et de changement d'incidence. - CC. Brides de direction. - D. Axe du volant de direction. - E. Pédale, qui au moyen d'un dispositif permet à l'une des roues de ne plus être solidaire de l'autre et si le pilote le désire, demeure fixe. - F. Gouvernail du canot. - G. Roues d'engrenages qui sont embrayés ou non à l'aide d'une pédale et au gré du pilote.

dévier de la direction du vent et, par suite de diriger le canot hors de la route du vent.
  Enfin, il y a plusieurs dispositifs que j'ai appliqués avec succès et dont le plus important consiste en une pédale pour embrayer ou désembrayer le gouvernail de la direction du cerf-volant. Ce dispositif est d'une grande importance pour faire de grands angles sur la direction du vent.

  Le lecteur ne peut s'imaginer le plaisir qu'éprouve le pilote lorsqu'il expérimente le "flyinq-boat" par suite de la difficulté présentée pour le conduire. Et il est nécessaire pour être un virtuose ou un bon flying-yachtman, d'avoir une connaissance complète du vent, de la mer et du cerf-volant pour lutter et obtenir un bon rendement. Car on peut réaliser, avec le gouvernail du canot et la déviation du cerf-volant, des angles de plus de 110 degrés sur la direction du vent.
  Je désire ardemment que mes camarades français pratiquent ce sport charmant qui laisse d'admirables souvenirs à tous ceux qui l'ont essayé.
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(1) Des deux brins NN' un seul N est indiqué sur la figure. L'autre brin passe sur l'autre côté du canot (N.D.L.R.).

 

  J'ai pratiqué 1e sport de l'ice-boat sur la glace, mais je vous assure que le flying-boat ce sport né sur les plages de la Méditerranée, dans le beau soleil du midi quoique plus difficile est moins dangereux et plus hygiénique que le premier.
                           Jose Ma. DE GUILLEN
               Président de la Liga Espanola de la Cometa.

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Mesure de l'Angle
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 Pour faire suite à la communication relative à l'indicateur d'angle, parue dans le dernier

numéro du Cerf-volant, il me semble intéressant


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LE CERF-VOLANT
     

de publier un tableau établi par M. Lelong, permettant de déterminer rapidement et par le calcul la hauteur verticale d'un cerf-volant, déduction faite approximati¬vement de la chaînette formée par le câble.
  Il suffit de connaître l'angle formé par le cerf-volant sur l'horizontale et de multiplier le cœfficient correspondant par la longueur du câble déroulé.
                   Exemples :
       pour 1100 mètres de câble déroulé.
pour angle de 43° : 1100 X 0.68290 = 750 m.20
pour angle de 47° : 1100 X 0.73135 = 804 m.48

                           R. ROUSSEL,
                           Membre du Drago-Club de Meaux

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La photographie aerienne
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Dispositif pratique
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 Je me suis toujours considéré comme un incomplet amateur de photographie tant que je n'ai pas pris quelques bons clichés en faisant enlever mon appareil par un cerf-volant.
  La plupart des appareils destinés à la photographie aérienne sont munis de mèches dont l'emploi est fort peu pratique; leur usage
  
nécessite, en effet, des expériences préalables pour connaître la longueur brûlée en une minute

          
pour connaître le temps mis par l'appareil à atteindre une certaine hauteur, soit qu'il soit

 

envoyé en postillon, soit qu'il soit directement fixé au cerf-volant, conditions qui varient suivant la vitesse du vent. En un mot, une foule d'obstacles empêchant un amateur de prendre par un moyen réellement pratique des photographies par cerfs-volants.

  Nous avons résolu la question de la façon suivante :

  Suppression de toute mèche.

  L'appareil photographique sera remorqué par un postillon qui l'entraînera jusqu'au cerf-volant, de cette manière on saura, en connaissant approximativement la hauteur du cerf-volant, la hauteur à laquelle a été pris le cliché.

  Postillon et appareil arrivés au bout de la corde agiront sur un déclanchement, qui produira en même temps le déclanchement de l'obturateur et la rupture de l'attache entre le postillon et l'appareil, qui redescendra aussitôt après avoir atteint le cerf-volant, la plaque impressionnée. On pourra donc de cette manière prendre plusieurs photographies de suite, sans être obligé à chaque fois de ramener à terre le cerf-volant.

  Nous pensons que les croquis sont suffi-samment clairs, pour qu'on puisse facilement comprendre le sysième.

  L'appareil photographique est porté par un support triédrique, très facile à construire; ce support glisse sur la corde de retenue du cerf-volant par l'intermédiaire de 2 pitons. Notons due ces 2 pitons peuvent être avantage-

       

sement remplacés par 2 poulies (tout simplement des isolateurs pour électricité) qui dimi-nueront le frottement. L'appareil est fixé sur ce support par un pivot A, de cette manière il restera toujours bien vertical si on a soin de ne pas placer le pivot trop au-dessus du centre de gravité de l'appareil; si on plaçait en effet le pivot au haut de l'appareil, celui-ci oscillerait continuellement.

  La figure représentant l'appareil photogra-phique est comprise pour un « détective », cas


 
LE CERF-VOLANT
167
     
où le dispositif est le plus compliqué ; c'est-à-dire l'appareil dans lequel le déclan-chement de l'obturateur est obtenu par la pression du doigt sur un curseur. A ce curseur est fixé un ressort R; ce ressort est maintenu tendu par une baguette pouvant pivoter autour de K et à cette baguette est fixé un taquet de bois ou de métal, ou mieux encore un butoir. On voit facilement que si l'on opère une pression sur le butoir dans le sens de la flèche, la tige va glisser sur le curseur, celui-ci sera alors attiré par le ressort R, l'obturateur se déclenchera et le cliché sera pris. Dans le cas d'un " holding " le dispositif sera plus simple car il suffira d'une simple pression sur la poire de caoutchouc pour impressionner la plaque. Il est vrai que l'on peut aussi munir un « détective » d'un déclancheur avec poire en caoutchouc.
  L'appareil et le support sont remorqués par un postillon P glissant sur la corde par une glissière T. Un buttoir B est fixé sur la corde près du cerf-volant. A la glissière T est fixée une plaquette de métal recourbée en crochet c qui vient s'accrocher, comme cela est indiqué sur la figure à une autre plaquette de métal fixée à l'extrémité d'une tige reliée au support de l'appareil.

  Voici le fonctionnement : le postillon arrivant sur le buttoir avec une certaine vitesse va s'arrêter brusquement, par suite de l'inertie, le support va continuer son chemin, les crochets c se décrocheront donc, et la tige reliant le postillon retombera et frappera le butoir de l'appareil produisant le déclanchement de l'obturateur : de plus l'appareil et le support ayant lâché le postillon redescendront par la corde jusqu'à l'expérimentateur.

  Remarquons que :

  On devra fixer au crochet qui relie l'appareil au postillon une certaine masse M quelconque destinée à donner plus de force à la pression sur le butoir de l'appareil.
  Que les 2 crochets c ne devront avoir qu'une gorge très peu profonde pour que le déclanchement s'opère bien. Il n'y a pas à craindre de voir le support et l'appareil abandonnés en route par le postillon, puisque, celui-ci remorquera l'ensemble avec une traction constante.
  Qu'il faudra donner au postillon P une surface assez considérable (proportionnelle au poids de l'appareil remorqué et inversement proportionnelle à l'intensité du vent) pour que l'ensemble arrive sur le butoir B à une vitesse suffisante pour provoquer le déclanchement des crochets c.
  I1 ne nous reste maintenant qu'à souhaiter bonne chance aux cerfs-volantistes qui nous ferons l'honneur d'employer le dispositif que nous avons imaginé.
                                JEAN AURY
 

LETTRE D'ESPAGNE
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Concours de Cerfs-Volants

 Dans le milieu du dernier mois, la Réal Societad aeronautica et la Réal Colombofila dé Cataluna organisèrent un important concours de Cerfs-Volants.
  L'épreuve eut lieu sur le sommet du Tibidal, relié à la ville par un funiculaire. Plus de 30 appareils furent présentés et presque tous prirent leur essor ; quelques uns réussirent à s'élever à plus de 1500 mètres de hauteur. Tous les types furent présentés : Potter, Lecornu, Eddy, Saconney, modèles originaux, d'une surface de 2mq. à 5mq. Plusieurs treuils furent très remarqués, par suite de leur construction réussie.
  Le règlement du concours était presque semblable à celui de l'épreuve d'Anvers et a donné les résultats suivants :
  1er Prix : 250 pesetas, une médaille d'or et un diplôme. M. Cristobal Juandô : cerf-volant Potter à ailes : surface 2 m2. 5
  2e Prix : une médaille d'argent et un diplôme. M. Perola : cerf-volant hexagonal.
  3e Prix : une médaille de bronze et un diplôme : M. Neuilling : cerf-volant oblique Lecornu.
  Le premier prix du poids enlevé, qui consistait en une médaille d'or grand module et un diplôme d'honneur fut attribué à M. José Ma de Guillen avec son cerf-volant Conyne de 5 m2.

  Une foule estimée à plus de 3000 personnes a assisté à ce concours, qui a frappé fortement l'esprit du public. Dans l'assistance, on a pu remarquer, M. le Préfet, plusieurs généraux, le Capitaine du port, les présidents de l'Automobile-Club, de la Societad Aeronautica Espanola de la Société des Ingénieurs et une foule d'aristocratiques demoiselles, qui suivirent avec un grand intérêt la manoeuvre des cerf-volants.
  Au cours de la fête, la Réal Sociétad Colombofila de Cataluna fit un lancer, de 2000 pigeons.
                      José Ma de Guillen
               Président de la Liga Espanola de la Cometa.

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Comment on construit
un Cerf-volant Saconney

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 Lors de la construction d'un train de cerfs-volants du type Saconney, le Drago-Club de Meaux a distribué à tous ses membres, une notice résumant les caractéristiques prin-cipales et les détails de construction des ap-pareils utilisés. Nous pensons être utile à nos lecteurs, en publiant le contenu de la dite notice.


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LE CERF-VOLANT
     

                Construction

Dimensions principales. - Développement complet de la toile des extrémités des ailes :
A A' = 32.5 + 65 + 65 + 65 + 32.5 = 3 m.25
Développement complet des plans inférieurs de la cellule avant et du plan supérieur de la cellule arrière soit :
DD', BB', CC'= 32,5 + 65 + 65 + 32,5 = 1 m.95
Profondeur des surfaces verticales termina les EE' FF', GR G'R'= 0.70.(1)
Profondeur des plans verticaux médians :
KL K'L' = 0.60

La largeur uniforme de la toile employée est de 0m.65.
On découpe dans un tissu quelconque, schirting
  

ou toile de coton, les pièces suivantes:
  1°) Une pièce AA' de 3 m.25 de longueur.
  2°) Trois pièces DD', BB', CC' de 1 m.95
  3°) Deux pièces D'R'S' de 0 m.65 X 0 m.65
  4°) Quatre pièces, plans directeurs de
      0m.74 X 0m.74.
  5°) Deux pièces, plans directeurs médians de
      0m.64 X 0m.64.

    

Couture. - On réunit à l'aide d'une couture les deux focs (3°) à la grande bande (1°)et le

        

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(l) Les plans verticaux médians sont d'une profondeur inférieure aux plans verticaux, ce qui a pour but d'assurer la rigidité des premiers

 

tout est bordé avec une tresse que l'on place à cheval sur le bord du tissu. Les ailerons triangulaires sont seuls ourlés et on coud la tresse à plat sur le bord.

  Des anneaux de cuivre sont fixés en O (fig.1, 2 et 3) et des renforts de toile sont cousus aux extrémités des ailerons. On perce un trou en b b, en ayant soin de renforcer le tissu tout autour afin d'éviter un déchirement certain de la toile.

  L'exécution des petites pièces de 1m.95, nécessite un travail semblable à celui de la première, sauf naturellement en ce qui concerne la couture des focs.

  La bande destinée au plan supérieur de la cellule arrière CC' porte deux trous semblables à ceux de la figure 2 et qui sont destinés au passage des croisillons. La longueur des six

           

plans verticaux est diminuée de 2 centimètres de chaque côté pour la couture qui par suite est ramenée à 0m.70 pour les uns et à 0m.60 pour les autres.

  La figure 4 indique l'emplacement du trou qui doit être percé pour les plans médians et la figure 5 pour les deux plans verticaux. Toute la toile qui n'est pas bordée par la tresse doit être ourlée.

  Assemblage. - On assemble le tout, en ayant soin que les trous destinés aux passages des croisillons dans les plans directeurs latéraux, soient cousus du côté (fig.5) des plans porteurs avant, c'est-à-dire de la cellule supérieure.
  On place ensuite dans les quatre angles de chaque cellule, une gaine ayant la hauteur de cette cellule, dans laquelle on glissera postérieurement les montants.

  Réunion de deux cellules par une ficelle. - On réunit les anneaux (fig. 1) X avec G, Z avec G' etc., à l'aide d'un fil fouet de telle sorte que les cellules soient à égales distances l'une de l'autre.
  La distance adoptée est de 0m.65.
  Dès que la voilure est terminée, il ne reste plus que la charpente à placer.

  Charpente-Montants. - Les montants sont constitués par quatre roseaux de 2 mètres de haut. On fixe a chaque extrémité, à l'aide d'une attache très solide, une ficelle (fouet) double. C'est à l'aide de ces ficelles que l'on attache les anneaux sur les montants. On les serre de façon à obtenir une tension parfaite de la toile (fig. 6). Il ne faut pas omettre de passer les roseaux dans les fourreaux, car ce montage permet de changer immédiatement un bois


 
LE CERF-VOLANT
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brisé : il suffit pour cela de dénouer 4 ficelles!
  Croisillons ou Traverses. - Les croisillons se composent de 2 roseaux de 3 mètres 30 pour 1a partie supérieure, de 2 autres roseaux de 2m.65 pour la cellule inférieure. A chaque extrémité, on fixe une grosse agrafe de corset.

  Montage. - Pour monter l'appareil, il suffit de fixer les anneaux de quatre ailerons de l'avant du cerf-volant dans les quatre crochets des croisillons après avoir passé les derniers         
dans les trous des cellules. On procède d'une façon semblable pour la partie inférieure de l'appareil. Toutefois, afin de pouvoir donner à la toile une constante tension, même après usage, les bois doivent être plus longs que la diagonale d'aileron à aileron, de telle sorte qu'il est à peu près impossible de fixer les anneaux dans les crochets, lorsque le cerf-volant n'a pas été usagé. On remédie à cela en réunissant les anneaux aux agrafes à l'aide d'un morceau de fil fouet.
  Monté de cette façon, la tension entière du cerf-volant porte sur les huit anneaux des ailerons. Pour les soulager, on réunit les montants aux extrémités des croisillons à l'aide d'une ficelle, qui attachée après le
          
montant et terminée par un cabillot d'une part, vient d'autre part se fixer dans l'estrope d'une autre ficelle attachée après le croisillon.
  En examinant la figure 7 on se rendra facilement compte de la manoeuvre de montage. En A, sur le montant est ligaturée une cordelette, en L, une autre ficelle est attachée à côté de l'agrafe; l'extrémité de cette dernière forme une estope E tandis due la première est terminée par un cabillot C. En tirant sur la ficelle, on introduit le cabillot C dans l'estrope E; on déplace par ce fait, le montant dans le sens de la flèche, ce qui à pour but de tendre la cellule. On accroche l'aileron sur l'agrafe figurée en B au moyen
 

d'une ficelle et on tend l'aileron.
  Le montage des croisillons se fait ainsi instantanément sur le terrain en dix minutes. Il nous faut dire encore que le croisillon passe en A dans un anneau de cuivre fixé solidement sur le montant, ce qui l'empêche de trop s'en écarter.
  La bride se compose de quatre brins tous deux partant du haut de la cellule supérieure et les deux autres du haut de la cellule arrière Ces quatre brins se réunissent deux mètres en avant de l'appareil et à hauteur égale à la cellule avant.
  Ajoutons que pour connaître la surface portante d'un cerf-volant Saconney, il suffit de multiplier par treize le carré de la largeur des plans, ce qui donne pour l'appareil que nous venons de décrire
  0,65 X 0,65 = 0,4225 X 13 = 5m24925.

                              M. Roy
                        Secrétaire du Drago-Club de Meaux.

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Réglement général

du Concours de Cerfs-volants scientifiques

Organisé à Douai les 14 et 16 juillet 1911
sous les auspices et règlements
de la
Ligue française du Cerf-Volant

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 ARTICLE PREMIER. - Le concours comprendra quatre catégories et sera ouvert à tous les amateurs. Il consistera en :
  Une épreuve de photographie aérienne ;
  Une épreuve de poids soulevé ;
  Une épreuve d'angle ;
  Une épreuve de cerfs-volants porte-
     amarres.
  En outre une prime de 125 francs sera accor-dée au cerf-volant ou train de cerfs-volants qui aura soulevé une personne aux conditions du règlement.
  Une catégorie spéciale est ouverte aux maisons de commerce et une autre aux enfants au-dessous de 12 ans.

  Les épreuves auront lieu dans l'ordre suivant
  14 juillet: photographie, poids soulevé et angle.
  16 juillet : pholographie : cerfs-volants porte-amarre.
  14 et 16 juillet : ascensions montées.

  ART. 2. - Les concurrents pourront parti-ciper à l'une ou l'autre de ces épreuves ou à toutes s'ils le désirent.

  Art 3. - Il sera perçu un droit d'inscription de 5 francs, ce droit devra parvenir au secrétariat de la Mairie de Douai accompagné de la demande d'inscription. En outre, en faisant


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LE CERF-VOLANT
     
leur demande, les concurrents sont invités à donner la description aussi exacte que possible de leurs appareils et à indiquer dans quelle épreuve ils désirent les faire concourir.
  Les adhésions devront parvenir au sécréta¬riat de la Mairie de Douai avant le 8 juillet 1911 au soir.

  ART. 4. - II ne sera accepté que des appa-reils scientifiques, c'est-à-dire ne nécessitant pas l'emploi d'une queue non rigide. Les appareils devront avoir une surface portante d'au moins un mètre carré et demi.
  Les surfaces portantes seront mesurées selon leurs projections horizontales, l'appareil étant posé à plat sur le sol.
  La densité des appareils sera calculée selon la formule P/S. Les surfaces portantes seules comprises.

  ART. 5. - Les appareils devront avoir été construits par les concurrents. Les appareils du commerce seront refusés.

  ART. 6. - Les concurrents seront tenus, sous peine d'élimination, d'assister à l'exposition des appareils.
  Cette exposition aura lieu sur le terre-plein de la Grande-Place de Douai, le 14 juillet 1911 de 7 heures du matin à midi.
  Au cours de cette exposition il sera procédé a la mensuration et à la pesée des appareils.
  Tous les appareil, devront y être exposés pour 11 heures au plus tard.
  A l'issue de cette exposition, des cartes d'admission au terrain d'expériences seront délivrées aux concurrents et à leurs aides à raison de un aide par appareil présenté à la fois.

  Art. 7. - Auront seules accès au terrain les personnes munies desdites cartes.

  ART. 8. - Le concours aura lieu à la Berce-Gayaux et commencera à 2 heures très précises. Le contrôle pour la catégorie poids soulevés commencera à 3 heures, celui de la catégorie angle à 4 heures et celui de la catégorie porte-amarres à 5 heures.

  ART. 9. - Les concurrents auront un espace libre de 100 mètres en avant de la ligne de départ et 50 mètres en arrière.

  ART 10. - Les appareils qui tiendront l'air au premier essai seront comptés comme bon partant et ne pourront être remis à terre. Les concurrents auront droit à trois essais.

  ART. 11. - Le jury se réserve le droit de faire abattre le ou les appareils qui par leur manque de stabilité pourraient gêner les autres concurrents.

  ART. 12. - Les décisions du jury sont sans appel.

  ART. 13. - Le jury et la municipalité de Douai déclinent toute responsabilité pour les
 
accidents que pourraient occasionner les concurrents soit à eux-mêmes soit à des tiers.

  ART. 14. - En cas de mauvais temps ou d'absence de vent le concours sera remis au dimanche suivant et de dimanche en dimanche s'il y a lieu. Toutefois si le vent soufflait en tempête le concours de cerfs-volants porte-amarres aura lieu.

Règlement spécial au concours de photographie

  Article Premier - Les concurrents sont libres de faire enlever leurs appareils photo-graphiques au moyen d'un ou plusieurs cerfs-volants. - Le système de suspension et de déclenchement est laissé à leur choix; toutefois une flamme se déroulant devra signaler le déclenchement de leur appareil.

  ART. 2. - Un point de vue leur sera désigné et sera le même pour tous, il leur sera indiqué sur le terrain et ce au moyen du plan de Douai, le terrain d'expériences y étant exactement répéré ainsi que la direction du vent. Les vues devront être prises d'une hauteur d'au moins cent mètres.

  ART. 3. - Les concurrents sont tenus de faire au moins trois clichés d'un format égal ou supérieur à 8 X 8.
  Ils devront faire parvenir au secrétariat de la Mairie de Douai et ce, dans les huit jours qui suivront la date du concours :
  1° trois éprouves libres et non collées de leurs clichés; ces épreuves devront être imprimées sur un papier d'un format supérieur au format de la plaque de façon à présenter sur un fond noir l'image pleine et entière du négatif
  trois épreuves des mêmes clichés, épreuves montées ou collées. En outre les épreuves libres devront porter au dos la mention du système de suspension et du mode de déclanchement employé du foyer et de la marque de l'objectif, de l'ouverture employée et du temps de pose.

  ART. 4.- Les épreuves seront jugées
  d'après l'écartement compris entre le centre du cliché et le point désigné comme centre de la vue à prendre
  Par leur valeur respective et leur montage.

  ART. 5. - Les concurrents sont tenus de faire la déclaration, avant le concours, du format de plaques qu'ils emploieront et devront envoyer les épreuves directes de leurs clichés.
  Il leur est interdit d'envoyer des agrandis-sements ou des réductions.
  Le Jury se réserve le droit de conserver les épreuves.

  ART. 6. - La hauteur à laquelle seront prises les vues sera déterminée au moyen de la formule du capitaine Saconney
     

 
LE CERF-VOLANT
171
     
ainsi qu'elle est décrite dans le numéro 14 de septembre 1910 du journal Le Cerf-Volant

  Règlement spécial au Concours du Soulèvement


  ARTICLE PREMIER. - L'effort du soulèvement sera compté par mètre carré de surface portante celle-ci étant mesurée comme il est indiqué au règlement général article 4 ; il sera calculé selon là formule P/S .

  ART. 2. - L'effort de soulèvement sera mesuré au moyen d'un plateau attaché sur la corde du cerf-volant à 10 mètres du point d'attache de celle-ci, le plateau sera chargé de poids par fraction indivisible de 100 grammes jusqu'à ce qu'il touche le sol. Le point d'attache du cerf-volant étant à 1 mètre du sol et la distance comprise entre l'attache du plateau et son fond étant aussi de 1 mètre.

  ART. 4 . - La longueur de câble déroulé devra être au moins de 500 mètres à partir du cerf-volant ou à partir du dernier cerf-volant s'il s'agit d'un train.

  ART. 4. - En cas d'ex aequo la priorité sera attribuée au meilleur angle et ensuite à la plus forte densité.

     Règlement spécial au Concours d Angle.

  Article PREMIER. - L'angle fourni par les appareils sera mesuré sur une longueur déterminée de 250 mètres, il sera mesuré par rapport à l'horizontale.

  ART. 2. - En cas d'ex aequo la priorité sera accordée à la plus forte densité.

  Règlement spécial au Concours Porte-Amarres.

  ARTICLE PREMIER. - Une côte sera simulée sur le terrain, les concurrents pourront se déplacer le long de cette côte et l'amarre devra tomber par un déclanchement à un endroit désigné par le jury.

  ART. 2. - Les prix seront attribués aux concurrents qui ayant atteint le but l'auront fait dans le plus petit laps de temps. Les temps seront chronométrés y compris le montage et le lancement du cerf-volant.

      Conditions à remplir pour remporter
            la prime de 125 francs.


  ARTICLE PREMIER. - Le passager devra être enlevé à une hauteur d'au moins 25 mètres.

  ART. 2. - S'il y a plusieurs concurrents, la prime reviendra à celui qui aura atteint la plus grande altitude. Le jury se réserve le droit d'empêcher l'ascension avec des appareils ne présentant pas suffisamment de solidité.

Conditions à remplir dans la catégorie enfants.

  ARTICLE PREMIER. - Les enfants sont admis à concourir aux conditions du règlement gênéral
 

sauf celle concernant la surface et le droit d'inscription qui sont nulles pour eux.
  Ils ne devront pas avoir plus de douze ans

  ART. 2 - Les appareils devront emporter une longueur de ficelle de 250 mètres. Ils seront classés selon leur bonne tenue et l'angle donné.

Conditions concernant la catégorie commerciale.

  Les maisons de commerce sont admises à concourir aux différentes épreuves. Elles sont tenues d'observer les clauses des différents règlements dans leur entier. Elles seront classées entre elles et recevront des récompenses consistant en médailles et diplômes.
  Elles sont libres de se servir de leurs cerfs-volants pour faire de la réclame à la condition de ne pas gèner les concurrents.

Les prix suivants seront attribués au concours.

  Concours de photographie :
   1er prix, 80 Fr ;
   2e prix, 40 francs;
   3e prix, 20 francs;
  Maisons de commerce :
   1er Prix : médaille de vermeil avec diplôme
   2° prix : médaille d'argent;
  Concours de soulèvement :
   1er prix, 100 francs;
   2° prix, 50 francs;
   3e prix, 25 francs.
  Maisons de commerce :
   1er prix, médaille de vermeil et diplôme .
   2e prix, médaille d'argent et diplôme.
  Concours d'angle :
   1er prix, 50 francs;
   2e prix, 25 francs ;
   3e prix, 10 francs.
  Maisons de commerce :
   1er prix, médaille de vermeil avec diplôme
   2e prix, médaille d'argent avec diplôme.
  Concours de cerfs-volants porte amarres :
   1e, prix, 80 francs;
   2e prix, 40 francs.
  Maisons de commerce :
   1er prix, médaille de vermeil avec diplôme;
   2e prix, médaille d'argent avec diplôme.
  Concours de publicité aérienne :
  1er prix : Médaille de vermeil ;
  2e prix : Médaille d'argent.
  Catégorie enfants au-dessous de douze ans.
Les prix de cette dernière catégorie consis-teront en appareils scientifiques.

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Ligue Française
du Cerf-Volant

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 Le grand intérêt présenté par la publication des règlements du concours de Douai, nous oblige à reporter au prochain numéro, le Bulletin officiel de la Ligue Française du Cerf-Volant.

     

172
LE CERF-VOLANT
     

Le cerf-volant en Belgique

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Le Club des Planeurs Liégeois.

 Connaissant l'intérêt que porte votre journal au sport si attrayant du Cerf-Volant, je crois répondre à votre désir en vous informant que plusieurs Liégeois, fervents cerfs-volan-tistes, viennent de fonder à Liège le Club des Planeurs Liégeois, dans le but de favoriser et développer le nouveau sport.

  Il y a eu de tout temps dans le pays de Liège des amateurs de cerf-volant, aussi lorsque parurent votre journal, l'ouvrage de Lecornu et autres brochures traitant les questions de la conquête de l'air, ils trouvèrent de suite, chez nous des lecteurs attentifs qui se mirent bientôt à construire les divers appareils décrits, que les Liégeois virent planer au dessus de la ville.

  Ces amateurs se réunissaient sur la colline de Cointe dominant la Meuse.

  Comme le nombre des appareils allait toujours croissant, et qu'il se produisait parfois des ruptures d'attaches amenant des chutes émouvantes dans l'agglomération liégeoise, l'administration des téléphones et la police s'en émurent et donnèrent une chasse sans merci aux cerfs-volantistes.

  Expulsés de leur champ d'expérience, ils repliaient leurs appareils pour les lancer aussitôt dans un endroit proche du premier, d'où la police les délogeait à nouveau.
  Cette lutte dura des mois sans jamais les décourager, et l'on pu voir, même en hiver, leurs appareils monter glorieusement dans l'atmosphère brumeuse du pays de Liège.

  Ces difficultés donnèrent aux Liégeois l'idée de s'unir pour être plus forts et c'est avec enthousiasme que la société a été fondée. Il règne chez nous une émulation qui promet de donner d'heureux résultats. Tous les appareils décrits dans le Cerf-Volant sont construits aussitôt parus et il se livre le dimanche des joutes aériennes où se comptent des victoires dont les vainqueurs sont fiers, et aussi des défaites qui ne découragent personne.

  Permettez moi de vous présenter M. Halkin, notre directeur des Travaux, grand constructeur produisant en moyenne un appareil par semaine; il a le feu sacré, beaucoup d'ingéniosité et une grande sûreté de mains.

  Sur le champ d'expérience, il est comme un général veillant à tout. Donnant des ordres brefs pour lancer ses troupes à la conquête du ciel.
  Si par malheur un de ses enfants ailés se brise les os, ce qui hélas arrive parfois; son

 

coeur en saigne douloureusement, mais le blessé transporté à l'ambulance, est vite remis en état de reprendre la lutte, aussi pouvons¬nous dire que Halhin est invincible !
  Comment voulez vous ne pas être entraîné par un pareil homme ?
  L'on marche, l'on vole plutôt à sa suite, et je me demande parfois avec inquiétude où s'arrêtera cette envolée vers l'infini.
  Notre Club compte d'autres intrépides et des chercheurs de nouveautés ; nous avons aussi une section de jeunes gens qui forment une pépinière pleine d'espérance pour l'avenir.
  Depuis quelque temps nous possédons un champ d'expérience à la Ferme du Soleil (nom prédestiné) au dessus de Liège, où nous avons l'espoir de pouvoir vivre en paix.
  Il est question d'organiser une exposition des appareils, de construire un train de cerfs-volants et de participer aux concours qui auront lieu cet été.
  Si cela peut vous intéresser, je vous ferai part des observations que nous pourrions faire concernant notre sport favori et du résultat des expériences auxquelles nous comptons nous livrer.
                                  M. JAMARD

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